Maraîchage bio : préparer votre projet
Pour vous lancer sereinement dans votre activité de maraîchage bio, il sera essentiel de bien préparer votre projet en amont.

Les 1ères étapes de votre projet
Pour créer votre activité maraîchère, vous devrez vous demander comment comment concilier votre projet professionnel et votre projet de vie. Vous devrez ainsi faire le point sur votre situation actuelle, puis définir vos objectifs personnels et professionnels. Dans un second temps, vous définirez les objectifs de votre activité agricole. Des conseillers peuvent vous accompagner sur cette première étape.
Les formations de maraîcher
Acquérir de l’expérience sera un facteur clé de la réussite de votre activité d’entrepreneur. Vous aurez la possibilité de faire une formation en maraîchage bio pour atteindre un certain niveau de connaissances :
- CAPA : certificat d’aptitude professionnelle agricole
- BPA : brevet professionnel agricole
- Bac professionnel productions horticoles, florales et légumières
- BREPA brevet professionnel de responsable d’exploitation agricole
- BTSA : brevet de technicien supérieur agricole
- VAE (bénévolat dans le secteur agricole)
- CS : certificat de spécialisation
→ En plus d’une formation, vous pourrez également renforcer votre expérience auprès d’organismes variés pour découvrir les métiers agricoles et vous confronter à la réalité de cette profession (ADEMA, PMSMP, stage agricole, contrat de professionnalisation, salariat agricole, stage de parrainage, test agricole, cotisation de solidarité…).
La prospection foncière
Pour votre recherche foncière, n’hésitez pas à vous rapprocher de certains organismes et interlocuteurs qui sauront vous conseiller sur le métier de maraîcher (RDI, Safer, collectivités locales, Terre de Liens, notaires, agences immobilières…). Vous devrez ensuite tenir compte de plusieurs critères pour créer votre ferme (surface disponible, parcellaire, potentiel agronomique, altitude et climat, accès à l’eau, etc.).
Le plan d’action commercial
Pour établir une stratégie commerciale solide pour votre ferme, vous devrez réaliser une étude de marché. Elle se déroulera comme suit :
- Établir les objectifs de votre activité et problématique
- Étude documentaire pour collecter des informations
- Analyser l’offre : les gammes et les prix
- Étudier la zone de chalandise
- Réaliser des questionnaires auprès de clients potentiels
- Établir votre stratégie commerciale en fonction de ces données
Créer votre entreprise et vous lancer
La deuxième grande étape de votre projet d’installation sera la création de votre entreprise d’agriculture biologique.
Les moyens financiers
Pour commencer, vous devrez réaliser une étude économique prévisionnelle. Cela vous permettra de prévoir le montant des investissements pour votre ferme ou encore la trésorerie. Vous devrez ensuite vous intéresser au financement du projet en lui-même, en envisageant les emprunts que vous pourrez réaliser.
Les aides pour débuter
Une aide pour démarrer votre activité de production de fruits et légumes bio ne sera pas de trop. Plusieurs types de subventions s’offrent à vous :
- Aides à la création ou à la reprise d’une activité agricole
- Aides à la conversion bio et au maintien
- Aides au développement d’exploitation
- Aides au fonctionnement
- Aides au conseil
Les démarches d’installation
Au départ, tous les maraîchers ont besoin d’obtenir une autorisation d’exploiter un terrain, mais également de choisir un statut (juridique, fiscal et social). Il vous faudra ensuite déclarer vos statuts de maraîcher auprès du CFE (Centre de Formalités des Entreprises) et prévoir une assurance. À savoir que vous pourrez exercer votre activité en tant que chef d’exploitation à titre principal, exploitant à titre secondaire, cotisant solidaire ou encore, conjoint collaborateur.
Que dit la réglementation ?
Voici un aperçu des autorisations dont les maraîchers ont besoin pour leur installation :
- Permis de construire, pour pouvoir implanter les bâtiments
- Déclaration de travaux
- Déclaration de forage et de prélèvement
- Utilisation de produits phytosanitaires
- Qualité de l’eau pour le lavage des fruits et légumes
Obtenir le label AB (bio)
Dans le cadre de votre activité maraîchère, vous devrez vous pencher sur ce que l’on appelle la conversion des terres et la surface à convertir avant de pouvoir être reconnu comme agriculteur bio. En tant que producteur bio, vous devrez respecter un cahier des charges biologique pour pouvoir prétendre à la mention AB.
Découvrez le métier de maraîcher
En tant qu’entrepreneur agriculteur, il vous faudra savoir à quoi vous attendre. Faire les bons choix dès le départ vous permettra de préparer au mieux votre création d’entreprise.

Un métier aux multiples facettes
Le métier de maraîcher implique d’avoir certaines prédispositions. Il s’agit d’une profession exigeant une bonne condition physique et un mental solide. En tant que maraîcher, votre activité ne se limitera pas simplement aux plantations. Vous serez multi-taches : technicien, agronome, vendeur, communiquant, gestionnaire et mécanicien. Sans compter qu’il faudra pouvoir s’adapter aux caprices de la météo.
Charge de travail et pénibilité
Avant de se lancer dans la culture et la vente de fruits et légumes biologiques, il est indispensable d’anticiper la charge de travail et d’éventuels imprévus. Le maraîchage est, en effet, marqué par la saisonnalité. Votre temps de travail ne sera donc pas le même selon les saisons (en moyenne, 40 à 60 h par semaine). Il faudra gérer une multitude d’activités au cours d’une journée (irrigation, gestion du climats, récoltes, anticiper l’approvisionnement, conditionnement, etc.).
Prévoir de la main d’œuvre
Pour se décharger de taches chronophages, certains maraîchers font le choix d’avoir de la main d’œuvre sur leur exploitation. Vous pourrez choisir de vous associer avec un autre agriculteur ou envisager la main d’œuvre familiale. Vous pourrez également embaucher des salariés, avoir recours à l’entraide agricole ou encore accueillir des stagiaires.
Optimiser votre activité pour réussir
Les premières années, le salaire ne sera pas forcément à la hauteur de ce que vous auriez pu imaginer. Il vous faudra donc noter et analyser vos activités pour améliorer vos résultats. Mais également faire des choix judicieux en matière d’outils et de matériel agricole. Au fil du temps, vous pourrez faire évoluer votre production. Vous aurez acquis un meilleure connaissance des sols, une meilleure maîtrise des priorités selon les saisons, une meilleure gestion des charges, moins de pertes et, on vous le souhaite, la fidélisation d’une clientèle.
Structurer votre commercialisation
Vendre des fruits et des légumes nécessite une réflexion quant au choix des différents circuits de vente et de la communication à mettre en place. Mais également de la réglementation en matière de commercialisation.
Les différents circuits de vente
Principalement deux types de circuits de vente s’offrent à vous :
–Vente directe : à la ferme, marché de plein air, bord de route, AMAP, magasin collectif de producteurs, libre cueillette.

–Vente avec intermédiaire : magasins spécialisés, GMS, restaurants, RHD (restauration hors domicile), grossistes / coopératives / industries, MIN (carreau de producteurs).
Construire son projet de maraîchage
L’activité de maraîchage bio en elle-même est une chose, vendre ses produits en est une autre. Vous devrez ainsi proposer une gamme de produits adaptée et répondre aux attentes de votre clientèle. Vous devrez également posséder de solides qualités relationnelles. Pour faire connaître votre activité, plusieurs solutions s’offriront à vous (flyers, cartes de visites, affiches, site web, réseaux sociaux, journées portes ouvertes, foires, salons, annonces dans la presse locale, goodies, etc.). Le tout, en vous démarquant de vos concurrents.
La réglementation pour la vente
La réglementation pour la vente de produits bio est très stricte. Vous devrez ainsi prendre en compte les normes de qualité, l’affichage et l’étiquetage des produits, et la métrologie (pesage des produits).
Définir vos moyens et modes de production
Pour bien vous lancer dans la culture des fruits et légumes biologiques, vous aurez besoin de définir vos moyens techniques et vos modes de production.
Choisir sa parcelle de terre
Pour choisir votre terrain, vous devrez tenir compte de plusieurs critères. À savoir, la qualité du sol, le précédent cultural, l’accès à l’eau (et l’approvisionnement possible) ou encore, l’endroit où est située la parcelle (exposition au vent, luminosité…). Vous devrez également vous demander si la parcelle visée est déjà en bio ou non.
Aménager ses terres
Pour aménager vos terres, plusieurs points seront à étudier : aménager un chemin d’accès, acheminer l’électricité, définir les modes d’irrigation, prévoir un forage, implanter une haie, acheminer l’eau potable, drainer la parcelle, définir l’emplacement des serres, etc.
Choisir les bons équipements
Vous aurez ensuite besoin de choisir les bons outils et équipements agricoles, tout en tenant compte des normes de sécurité et de l’entretien à leur apporter. Une formation à la prévention et/ou à l’entretien du matériel peut vous être proposée, pour gagner du temps et limiter les risques d’accidents. Vous pourrez avoir besoin de tracteurs et de motoculteurs, mais également de matériel de préparation des sols. Il faudra aussi prévoir du matériel de semis et plantation, de protection des cultures, de récolte, de nettoyage, de tri et de conditionnement, et enfin, de vente.
Prévoir des abris et serres
Pour optimiser votre rendement, vous pourrez et devrez même prévoir des serres professionnelles. Parmi les abris que vous pourrez trouver : tunnel de forçage, multichapelles en plastique, petits et grands tunnels, serres en verre, etc.
Les bâtiments et le stockage
Du côté des bâtiments, vous devrez prévoir un atelier de stockage, une zone de lavage, une zone de tri ou encore un espace de rangement du petit matériel. Mais également des bureaux, un espace boutique ou encore un quai de chargement. Il faudra également prévoir un espace de stockage froid pour conserver les productions.
La production maraîchère, d’un point de vue technique
Voici quelques éléments techniques à prendre en compte pour assurer la gestion de votre ferme dans des conditions optimales :
Définir la gamme de produits
Vous devrez en premier lieu vous situer par rapport au marché pour choisir votre gamme. À savoir : légumes de base (salades, courgettes…), compléments de gamme (poivrons, fèves…), produits d’appel (fraises, artichauts…), légumes primeurs (pommes de terre, radis botte…).
Planifier les cultures
Il vous faudra ensuite assurer la planification de vos cultures pour réussir votre saison. Et plus particulièrement, planifier votre assolement, autrement dit, la répartition des cultures sur vos terres.
Anticiper le travail des sols
La qualité du travail du sol et la rotation seront des éléments clés de votre réussite. Vous pourrez notamment prévoir des engrais (organiques, minéraux), ainsi qu’une stratégie de fertilisation.
Choisir ses semences et plants
Les semences et plants que vous achèterez devront être certifiés bio. Privilégiez des variétés ayant déjà fait leurs preuves. Vous pourrez auto produire vos semences et vos plants, ou les acheter.
Protéger vos cultures
En maraîchage biologique, la protection des cultures est un autre facteur clé de votre réussite. Vous devrez connaître les techniques de protection préventives et curatives pour protéger vos plantations des maladies et des insectes.
Maîtriser le désherbage
Le désherbage et la maîtrise des adventices seront également deux points cruciaux. Là aussi, il existe des techniques préventives et curatives à connaître.
Envisager la permaculture
Enfin, votre activité d’agriculture biologique pourra prévoir un espace de permaculture, inspiré du fonctionnement naturel des écosystèmes et basé sur le respect de l’humain, le respect de la nature, et le respect de l’abondance.
Évaluer la viabilité de votre projet de maraîchage
Pour mener à bien votre activité maraîchère, vous devrez être en mesure de pouvoir calculer le coût réel de votre travail. Afin de connaître, entre autres, le salaire auquel vous pourrez prétendre. En vous préparant au mieux, vous donnez plus de chance à votre exploitation de fonctionner. Voici les éléments à calculer lorsque vous lancez votre business :
- Le chiffre d’affaires
- La valeur ajoutée
- Les charges (de structure, opérationnelles, de main d’œuvre, les annuités)
- L’excédent brut d’exploitation
- Le coût de production
→ Pour calculer ces éléments, vous devrez tenir compte des dépenses relatives à la culture, des charges de structure par rapport à la surface occupée, du temps de travail que vous consacrez à votre production et du rendement obtenu.
Vous l’aurez probablement compris, démarrer une activité maraîchère bio demande du temps, de la patience et de solides compétences. Il vous faudra également prévoir un plan d’entreprise (PE) et un plan professionnel personnalisé (PPP) qui devront être validés par la DDT. Et pour vous équiper au mieux dans le cadre de votre activité, n’hésitez pas à consulter l’ensemble des produits proposés par Serres Val de Loire
Ces articles peuvent également vous intéresser
-
Le métier de maraîcher saura sans doute vous séduire si vous êtres proches de la…

Je suis vraiment ravie de vous voir faire un travail vraiment magnifique le maraîchage.