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Tuteurage ou palissage : quelles différences et quelle méthode choisir ?

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En maraîchage comme en horticulture, accompagner le développement des plantes permet de mieux exploiter l’espace disponible et de maîtriser leur croissance. Deux techniques reviennent régulièrement : le tuteurage et le palissage. Si ces termes sont parfois employés comme des synonymes, ils ne désignent pourtant pas exactement la même manière de conduire une culture.

Le tuteurage repose principalement sur le maintien individuel d’une plante à l’aide d’un support, tandis que le palissage consiste davantage à orienter et organiser son développement sur une structure. Le choix entre les deux dépend donc de l’espèce cultivée, de son mode de croissance, mais aussi de l’organisation de la production, notamment sous serre professionnelle.

Serre tunnel avec roller ficelle installé sur les fils deltane.

Qu’est-ce que le tuteurage d’une plante ?

Le tuteurage consiste à accompagner une plante à l’aide d’un support afin de maintenir sa tige et d’éviter qu’elle ne s’affaisse sous son propre poids, celui de son feuillage ou de ses fruits. Le principe est particulièrement connu pour les tomates, mais il concerne également de nombreuses cultures dont le développement nécessite un maintien vertical.

Dans sa forme la plus simple, un tuteur en bois, en métal ou en matériau composite est installé à proximité du plant. La tige est ensuite attachée progressivement au support à mesure qu’elle grandit. Cette solution est courante en pleine terre et reste parfaitement adaptée lorsque le nombre de plants à conduire est limité.

Sous serre professionnelle, le principe peut être poussé beaucoup plus loin. Plutôt que d’installer un tuteur rigide pour chaque plant, la structure de la serre peut servir de point haut pour mettre en place une conduite verticale sur ficelle. C’est notamment le cas pour les tomates, concombres, aubergines, dont la croissance peut être accompagnée à l’aide de crochets ficelles ou de rollers ficelles.

Des clips à tomates sont alors positionnés progressivement afin de maintenir la tige contre la ficelle sans avoir à multiplier les attaches manuelles. Le système accompagne ainsi le développement vertical du plant pendant toute la durée de la culture.

Pied de tomates conduit par une ficelle avec clips plastique.

Qu’est-ce que le palissage ?

Le palissage répond à une logique légèrement différente. Il ne s’agit plus seulement de soutenir une tige, mais d’organiser le développement de la plante sur un support déterminé.

Celui-ci peut prendre la forme de fils horizontaux ou verticaux, d’un filet, d’un treillis ou d’une structure dédiée. Les tiges sont guidées progressivement afin d’occuper l’espace disponible de manière maîtrisée.

Le palissage est notamment intéressant pour les cultures grimpantes ou à fort développement végétatif. Selon les productions, il permet de répartir le feuillage, de maîtriser la hauteur ou la largeur occupée par la plante et de faciliter l’accès aux fruits.

Cette organisation de la végétation présente également un intérêt agronomique. Un couvert végétal mieux réparti peut favoriser la pénétration de la lumière et la circulation de l’air entre les plants, à condition naturellement que la densité de plantation et la conduite de la culture soient elles aussi adaptées.

Culture sous serre de concombre maintenue par un filet de palissage.

Tuteurage et palissage : quelle est réellement la différence ?

La frontière entre les deux pratiques n’est pas toujours absolue. Certaines méthodes de conduite peuvent d’ailleurs associer tuteurage et palissage. La différence réside surtout dans l’objectif recherché.

Le tuteurage vise d’abord à soutenir individuellement la plante. Le palissage vise davantage à organiser son développement sur une structure collective ou un réseau de supports.

Tuteurage Palissage

Objectif principal 

Soutenir la plante
Orienter et organiser sa croissance

Support 

Tuteur, ficelle, crochet, roller
Content

Conduite 

Souvent individuelle 

Individuelle ou collective

Cultures typiques 

Tomates, aubergines, jeunes plants 

Concombres, haricots, certaines cultures horticoles

Sous serre

Ficelle + clips notamment

Réseau de supports adapté à la culture

Il faut donc éviter d’opposer artificiellement les deux techniques : un système de palissage peut également assurer une fonction de tuteurage.

Pourquoi la conduite verticale prend-elle tout son intérêt sous serre ?

Sous serre, le volume disponible ne se limite pas à la surface au sol. La hauteur de la structure représente elle aussi un espace de production qu’il est intéressant d’exploiter, particulièrement pour les cultures à développement vertical.

Pour une culture de tomates, par exemple, suspendre des ficelles à la structure permet de guider les plants vers le haut plutôt que de multiplier les tuteurs au sol. Les crochets ficelles permettent de préparer une longueur de ficelle adaptée à chaque plant, tandis que les rollers ficelles facilitent la gestion de cette longueur au cours du développement de la culture. Les clips viennent ensuite solidariser progressivement la tige et la ficelle.

Cette conduite facilite également les interventions autour des plants : taille, effeuillage, observation sanitaire ou récolte. Pour une exploitation comportant plusieurs rangs, disposer d’une méthode homogène devient surtout beaucoup plus pratique que de gérer individuellement une multitude de tuteurs différents.

Quelle méthode choisir selon les cultures ?

Il n’existe pas de méthode universellement supérieure. Le choix dépend avant tout du port naturel de la plante et de la façon dont on souhaite conduire la production.

Pour des tomates cultivées sous serre, la conduite sur ficelle constitue une solution particulièrement intéressante lorsque l’on souhaite exploiter la hauteur disponible. Pour des plantes grimpantes capables de s’accrocher ou dont les ramifications doivent être réparties, un filet ou un réseau de palissage peut être plus approprié. En horticulture, le choix du support dépendra encore davantage du végétal, de sa vigueur et de l’objectif recherché.

Avant d’installer le système, il faut surtout raisonner plusieurs paramètres : poids de la végétation à maturité, hauteur disponible, densité des plants et résistance des points de fixation. Une culture chargée en fruits peut exercer des efforts importants sur les supports ; sous serre, le dispositif doit donc être pensé en cohérence avec la structure et les équipements prévus pour cet usage.

Auteur de l’article :

Image de Bastien Rossi
Bastien Rossi
Passionné par l’univers agricole et les systèmes de culture sous serre. Je partage des conseils et retours d’expérience issus du terrain, en lien avec les professionnels du secteur, pour proposer des contenus concrets et utiles aux maraîchers, horticulteurs et particuliers.

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Bastien Rossi
Passionné par l’univers agricole et les systèmes de culture sous serre. Je partage des conseils et retours d’expérience issus du terrain, en lien avec les professionnels du secteur, pour proposer des contenus concrets et utiles aux maraîchers, horticulteurs et particuliers.

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